2007/10/31

D.H. LAWRENCE, GRANDIOSE



"Si vous faites la révolution, faites-la pour le fun."

2007/10/17

LEGUMES ! LEGUMES !




C’est le célèbre X., industriel et philanthrope, qui demande ça à la serveuse du restaurant corréen.
Sa maîtresse (ou sa secrétaire) l’a annoncé en amont, d’une voix aigue et pétillante.
« Je suis avec X. – une table pour quatre. »
Elle le dit deux fois, avec une fierté, c’est comme si c’était leur première sortie publique. Ils seront trois, X., sa fille et elle.
X. entre, s’assoit brutalement sur une table non-fumeur, cigare en bouche.
Il a faim et soif. Il héle la serveuse : « Légumes ! Légumes ! »
Sa secrétaire (ou sa maîtresse) fait la conversation avec sa fille. Elle se prépare à son rôle de mère, future, qu’elle attend avec impatience.
Lui, en chemise rose, insiste pour plus de viande dans le barbecue.
Il n’a tué personne aujourd’hui. Les morts coupent l’appétit.

Texte : Pacôme Thiellement
Image : Widmore Labs

2007/10/02

THIS CHARMING MAN



Ici-Bas soutient le grand projet de Lionel Jospin, élaboré avec « L’Impasse » : raconter l’histoire politique française récente à travers des titres de films de Brian de Palma.

TEASER - Bientôt, sous la plume de Lionel Jospin :

« Body Double » (les mésaventures de Lionel Jospin sous Jacques Chirac, ou le rêve schizophrénique d’un ancien trotskiste désormais au pouvoir, mais tempéré par la raison)

« Obsession » (les troubles et les souvenirs paranoïaque d’un ex-perdant à la présidence résidant à l’île de Ré, il se remémore l’histoire de sa rencontre avec sa femme, + en annexe : le making of de son livre « Le monde tel que je le vois » et la découverte d’un souterrain mystérieux dans les caves de Matignon)

« Mission Impossible » (le combat d’un ex-perdant à la présidence pour se représenter, entravé de toutes parts par des anciens amis devenus traîtres à sa cause, avec, au cœur, la découverte d’un temple mystérieux à Venise, et d’un anneau permettant de se rendre invisible)

« Les Incorruptibles » (la création de la mission interministérielle de Lutte contre les sectes, pourquoi il a refusé de rencontrer Tom Cruise, la rencontre avec des petits elfes qui lui promettent de revenir au devant de la scène politique)

« L’Esprit de Caïn » (la véritable histoire de la trahison de François Hollande, proche entre les proches ; les angoisses schizophréniques d’un ex-perdant à la présidence tempéré par la raison confrontant ses anciens démons + en annexe, douze sonnets : « Pensées en forme de poèmes »)

« Femme Fatale » (la jeunesse de Ségolène Royale sous Mitterand, comment elle a séduit François Hollande et monté un à un tous les échelons du pouvoir, + en annexe : rêverie autour d’un souvenir d’une féria à Nîmes)

Etc. Etc.

2007/09/23

THEATRE DE L'EMPIRE



Ceci n’est pas un rêve. En allant acquérir une nouvelle imprimante à la Fnac, je passe en bus 26 devant une créperie atroce nommée Cécilia et fermée pour travaux. Au retour de la Fnac, mon imprimante sur les bras, un homme en chemisette très inquiétant, jeune, imberbe, les cheveux ayant tourné au gris trop vite, le visage rougi, abîmé, en béquilles, m’accoste en me disant :
« T’es juif comme moi, toi ? »
- Non.
- Tu peux m’aider ?
- Je ne sais pas, que voulez-vous ?
Il s’énerve, commence à repartir, puis se retourne, et me lance (comme si c’était ma dernière chance) :
- Ils l’ont enterré où ?
- Pardon ?
- (hurlant) Ils l’ont enterré où, putain ?
- Pardon, je vous demande pardon ?
- Jacques Martin ! ils l’ont enterré où ?
- Je… Je… Ne sais pas…
Il part, excédé.


Texte : Pacôme Thiellement
Image : Droits réservés dans l'au-delà

2007/08/22

SUMMER KISSES, WINTER TEARS



« Et alors je pense à cet Homme-Oiseau… L’image maintenant me vient de cet Homme–Oiseau, qui avait convoqué les journalistes au début du siècle pour démontrer qu’il avait résolu le problème du plus lourd que l’air, et que : il volait. Il savait, lorsqu’il se trouvait au premier étage de la Tour Eiffel, devant la presse, et devant peut-être le public, il savait qu’il allait tomber comme une pierre, qu’il allait se tuer. Il s’est tout de même jeté dans le vide, n’est-ce pas… Il s’est jeté dans le vide… Il s’est jeté dans le vide... Il s’est jeté dans le vide… »
Alain Cuny, entretien avec Jean-André Fieschi (1989)

2007/07/29

SUZY M'AIME



C’est à cette époque que la petite femme put ressurgir, elle qu’on avait enterrée depuis une bonne dizaine d’années dans son enclos de Neuilly-sur-Seine. Elle était viscéralement faite pour tirer profit de cette situation. Dans le bus qui me ramenait d’un vernissage dans le vingtième, des flics en civil contrôlèrent nos billets et un gros vieillard à casquette tenta de fuir. Les gardiens de la paix armée se mirent à quatre pour le finir à coups de tatane. Le bus s’échauffa et quelques noirs pauvres et pacifiques se proposèrent de payer le foutu billet. Ils furent renvoyés du bus avec force violence, comme le reste d’entre nous, par les cris et les menaces des agents de la sécurité, toutes armes dehors.
Ce n’était pas un rêve, cette fois, même si ça avait le même goût.
« C’est un vieillard », dis-je en tremblant à l’émissaire de la petite femme qui le serrait à la gorge.
« Descendez, monsieur, laissez-nous faire notre travail et il ne vous arrivera rien » me dit un autre robot aux cheveux gras en me raccompagnant avec fermeté vers les autres.
Seule la femme du prévenu, toute en noir avec une tête de petite pomme ridée, restait impassible et se contenta de ramasser son espadrille. Alors que le bus de nuit, transformé en salle d’interrogatoire, continuait sa route vers nulle part, nous ayant lâché comme des merdes à Barbès-Rochechouart, une étrange vieille taupe à lunettes, squelettique, allusive, qui caressait la fille d’une africaine, tenta de nous raccommoder avec la police avec des mots de miel. Mais c’était en vain. La petite femme qui contrôlait la police et ses menaces en langage clair étaient désormais sur toutes nos lèvres.
« C’est Suzy, dirent quelques noirs avec une lueur magique dans l’œil, c’est elle, c’est ce qu’elle nous prépare. »
Nous n’avions pas peur, nous n’avions pas mal, nous étions juste assez chinois pour n’avoir pas envie de pénétrer ce nouveau monde qu’on nous offrait sur un plateau d’argent. Mais avions-nous jamais eu le choix ? Ou, depuis longtemps, notre liberté s’arrêtait au commentaire de la situation et à la farce ?

Texte : Pacôme Thiellement
Images : droits réservés (is this guy kidding or what ?)

L'AME DE NICOLAS SARKOZY DECLARE :

De notre fragmentation, il est inconvenant de trop parler.

INTRODUCTION A LA LECTURE DE JULIAN JAYNES

Résumé synthétique de La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit
Elève Thiellement




I. Ce que la conscience n’est pas

L’ouvrage de Julian Jaynes, La Naissance de la Conscience dans l’effondrement de l’esprit, répond à la tentative de créer une anthropologie rigoureuse de la conscience. Selon Jaynes, nous avons été dupés par plusieurs leurres :
1) croire que la conscience était l’ombre de l’action ;
2) croire qu’elle était de l’ordre de la réactivité ;
3) en faire la copie de l’expérience ;
4) penser qu’elle relevait de l’apprentissage des signaux ;
5) imaginer qu’elle était équivalente à l’exercice naturel de la pensée.

Or : 1) la conscience n’est pas l’ombre de l’action, puisqu’elle est indubitablement plus intense lorsque l’action est plus hésitante – le self conscious est un homme paralysé (Hamlet) – et mutique lorsque nous faisons les choses les plus habituelles et les plus simples.

2) La réactivité recouvre tous les stimuli dont notre action tient compte ; c’est elle qui conditionne notre savoir-faire, alors que la conscience l’entrave souvent, qu’il s’agisse de parler, d’écrire, d’écouter ou de lire. Nous ne sommes pas conscients de la plupart des mots que nous prononçons, et certainement pas conscients de la majorité de ceux que nous lisons ou écoutons, mais, la plupart du temps, nous accordons notre attention à l’idée générale décrite, nous réagissons aux stimuli qu’elle implique avec un caractère presque automatique.

« Jouer au piano est un exemple extraordinaire. Nous avons là un ensemble complexe de diverses tâches accomplies toutes en même temps, en ayant à peine conscience de les exécuter. (…) Un coureur peut être conscient de sa position par rapport aux autres dans la course, mais il n’est certainement pas conscient de mettre une jambe devant l’autre. Une telle pensée pourrait bien le faire trébucher. »

3) Ce dont on se souvient consciemment est minime par rapport à ce qu’on reconnaît comme familier. On ne s’étonne pas de la couleur du papier toilette du bureau ou de la forme de la boutique qui jouxte notre arrêt de bus, mais, si on ferme les yeux, il est impossible de les visualiser. Nous ne sommes pas « conscients » d’eux, et l’opération menée par la conscience n’est pas de réaliser une copie de l’expérience. La conscience ne sert pas non plus à créer des concepts utiles à la reconnaissance. Les concepts ne sont que des classes de choses équivalentes du point de vue du comportement (tous les arbres sont classés dans l’idée de l’arbre du point de vue comportemental), et les concepts radicaux, antérieurs à l’expérience, fondent les structures aptiques qui rendent l’action possible.

4) L’apprentissage des signaux (associant un plaisir à une action, ou une douleur à une autre) est plutôt organique que conscient. Il n’est pas nécessaire que la conscience intervienne dans l’acquisition d’un savoir-faire. L’apprentissage se déroule même plus facilement lorsque nous n’en sommes pas trop conscients, lorsqu’il se fait, pour ainsi dire, de manière somnambulique, et presque malgré nous.

« L’exercice Zen d’apprentissage du tir à l’arc est tout à fait explicite sur ce point, pendant lequel on conseille à l’archer de ne pas penser aux actions de tendre l’arc et de lâcher la flèche, mais de se libérer de la conscience de ce qu’il fait en laissant l’arc se tendre et la flèche partir au bon moment. »

5) On peut également penser sans l’usage de la conscience : si la logique est de l’ordre de la conscience, celle-ci n’est liée au raisonnement que comme la médecine à la santé, ou la morale à la conduite. La logique est simplement la science de la justification des conclusions que nous avons déjà atteintes.
Il y a plusieurs étapes dans la pensée : une étape de préparation pendant laquelle on réfléchit consciemment au problème ; ensuite une période d’incubation sans aucune concentration consciente sur le problème, puis l’illumination, justifiée ensuite par la logique.




II. Ce que la Conscience est

En réalité, les fonctions de la conscience sont :
a) la métaphore ;
b) la narratisation ;
c & d) la création d’un je analogue et d’un moi métaphorique.

a) Comprendre une chose, c’est parvenir à une métaphore de cette chose en lui substituant quelque chose qui nous soit plus familier. Le travail métaphorique de la compréhension implique des métaphrandes (les choses à décrire) et des métapheurs (les choses aidant à décrire les précédentes), auxquels on doit ajouter des parapheurs (les mots associés aux métapheurs, comme la chaleur, la protection et le sommeil associés à la « couverture » dans la métaphore de la « couverture de neige ») et les paraphrandes (les mots associés aux choses à décrire).

« Dans les idées abstraites concernant les relations humaines, la peau devient un métapheur particulièrement important. On se contacte, ou on reste en contact, avec d’autres personnes qui peuvent avoir l’esprit peu ou très fin, ou qui sont peut-être susceptibles, auquel cas il faut les traiter avec ménagement, de peur de les prendre à rebrousse-poil ; nous pouvons avoir un sentiment pour quelqu’un, avec lequel nous pouvons vivre une expérience touchante. (…) Une théorie est donc une métaphore entre un modèle et des données. Et comprendre, en science, c’est avoir cette impression de similitude entre des données compliquées et un modèle familier. »

La conscience est donc la métaphrande créée par les paraphrandes de nos expressions verbales, mais, réciproquement, elle est le métapheur de notre expérience passée, opérant une sélection constante sur nos actions futures, nos décisions, nos souvenirs du passé, ce que nous sommes comme ce que nous ne sommes pas encore.

b, c & d) La conscience est une opération, que, par une métaphore familière, nous assimilons à un lieu. Sa première caractéristique est donc la spatialisation : elle se créé comme un espace mental métaphorique, que nous renouvelons et agrandissons à chaque fois que nous sommes conscients d’une chose nouvelle. Elle extrait de notre passé des données avec lesquelles elle crée des réminiscences, un « récit », et dont la pertinence est tributaire de l’état dans lequel notre esprit se trouve (un homme triste extraira des éléments tristes, un homme ambitieux des éléments ayant traits à la carrière ou au concours). Ces données sont bien distinctes de l’action que nous avons exercé, puisqu’on y ajoute déjà un « je » analogue, qui se déplace par délégation dans notre imagination et exécute pour nous des choses que nous ne faisons pas réellement. Le « je » analogue engendre à son tour un « moi » métaphorique que nous plaçons ou déplaçons de l’image que nous nous projetons et qui intervient, ou non, dans la narratisation exercée par le « je » analogue :

« La recherche des causes de notre comportement ou le fait de dire pourquoi nous avons fait telle ou telle chose font partie intégrante de la narratisation. Ces causes en tant que raisons peuvent être vraies ou fausses, objectives ou idéales. La conscience est toujours prête à expliquer tout ce que nous faisons, à tel ou tel moment. Le voleur explique que son acte est dû à la pauvreté. Le poète que le sien est dû à la beauté, le scientifique à la vérité ; le but et la cause étant inextricablement liés pour produire la spatialisation de l’action dans la conscience. »

Enfin, de même que nous assimilons des stimuli dans l’apprentissage des signaux, nous concilions ou conformons des extraits pour produire une narratisation cohérente. Mais, si la conscience dépend du langage – et non l’inverse – son apparition est donc plus récente que l’on a pu le penser jusqu’à nos jours.




III. Langage et Conscience

L’écriture (hiéroglyphique, hiératique et cunéiforme) est apparue vers 3000 avant Jésus-Christ, mais le premier texte écrit dans une langue dont la traduction offre assez de certitude est L’Illiade. Elle a été composée par des générations d’aèdes entre 1230 et 900 avant J.C. Ce qui y apparaît, tout d’abord, c’est l’absence de terme recouvrant la signification de la conscience. Les hommes sont pourvus d’une psychè (âme ou souffle), d’un thumos (le mouvement ou les gestes) et d’un noos (qui est l’organe de la reconnaissance). Les hommes, lorsqu’ils doutent, connaissent une division nommée mesmera qui signifie être en conflit avec soi-même, non dans sa reconnaissance (noos) ou dans son âme (psychè) mais en conflit dans son action (thumos). Or lorsque les hommes entrent en conflit entre deux actions, c’est le moment où les dieux apparaissent et redirigent celles-ci.

« Qui étaient ces dieux déplaçaient les hommes comme des robots et chantaient des épopées par leur bouche ? C’était des voix dont le discours et les instructions étaient perçus avec autant de clarté par les héros de L’Illiade, que celles qu’entendent certains épileptiques ou schizophrènes, ou que les voix entendues par Jeanne d’Arc. Les dieux étaient des organisations du système nerveux central, et peuvent être considérés comme des personae dans le sens où ils présentaient une grande cohérence à travers le temps, où ils étaient des amalgames d’images parentales et admonitoires. Le dieu est une partie de l’homme, et le fait que les dieux ne s’écartent jamais des lois naturelles s’accorde tout à fait avec cette conception. Les dieux grecs ne peuvent rien créer à partir de rien, contrairement aux dieux hébreux de la Genèse. Dans la relation entre le dieu et le héros, il y a les mêmes échanges de politesse, les mêmes émotions, les mêmes tentatives de convaincre que celles qu’on pourrait rencontrer entre deux personnes. Le dieu grec ne s’avance jamais au milieu de la foudre, n’engendre jamais de vénération craintive ni de peur chez le héros, et il est aussi éloigné du dieu exagérément pompeux de Job qu’il est possible. Il se contente de guider, de conseiller et de commander. Il ne demande pas l’humilité ni même l’amour, et exige peu de reconnaissance. (…) Les dieux sont ce qu’on appelle maintenant des hallucinations. Ils ne sont vus ou entendus en général que par les héros auxquels ils s’adressent en particulier. »




IV. L’esprit bicaméral

La nature humaine était alors divisée en deux : une partie qui commandait, appelée dieu (prenant ses assises dans l’hémisphère droit), et une partie qui obéissait, logée dans l’hémisphère gauche, appelée homme. Cette bipartition était le modus operandi de l’esprit bicaméral. Dans l’esprit bicaméral, la volition, l’élaboration et l’initiative s’organisaient sans aide de la conscience dans l’hémisphère droit et étaient ensuite transmises à la personne dans la langue qu’elle connaît, à l’hémisphère gauche, parfois accompagnés par l’apparition d’un ami, d’une figure d’autorité ou d’un dieu. La personne obéissait alors aux voix parce qu’elle ne savait pas ce qu’elle devait faire toute seule. Dans tous ses actes, l’homme était dotée d’une réactivité telle que la nôtre, mais la prise de décision lors d’un moment de stress était réalisée à l’aide d’une voix qui recueillait la sagesse admonitoire accumulée pendant sa vie. Ces voix grondaient, réconfortaient, commandaient ou annonçaient ce qui allait arriver : elles le faisaient en produisant également éventuellement une hallucination visuelle, une figure (à noter que l’identification des visages et de leur expression étant, en premier lieu, une fonction de l’hémisphère droit, la différence entre un ami et un ennemi dans une situation nouvelle était du ressort du dieu).
À l’époque bicamérale, le seuil de stress nécessaire à l’apparition des voix était simplement beaucoup plus bas que chez les gens normaux à notre époque : il suffisait qu’un changement de comportement soit requis par un élément nouveau dans une situation quelconque.


Straight in the camel's ass


V. Fonctions de l’esprit bicaméral

L’hypothèse de Jaynes est que l’esprit bicaméral était la forme de contrôle social qui permit à l’humanité de passer de petits groupes de chasseurs-cueilleurs à de grandes communautés pratiquant l’agriculture. L’esprit bicaméral, contrôlé par les dieux, se serait développé comme l’étape finale de l’évolution du langage, et c’est dans ce développement que résiderait l’origine de la civilisation (soit l’art de vivre dans des villes d’une taille telle que personne ne se connaît). Les hallucinations auditives, se développant comme un effet secondaire de la compréhension du langage, accompagnèrent la création de structures plus grandes, dans lesquelles il n’était pas nécessaire que le chef dût s’appuyer sur des rencontres répétées avec chaque personne pour exercer sa domination. Ainsi, les hallucinations maintenaient les individus aux tâches les plus longues. Ces hallucinations n’étaient pas de simples enregistrements de la voix du roi, mais pouvaient résoudre des problèmes à partir du matériel de sagesse admonitoire accumulé le long de la vie de l’individu et improviser des choses que le roi lui-même n’avait pas dit (mais à partir de la même autorité auditive). Ainsi, toute personne engagé dans un travail quelconque, et devant se retrouver, seul, devant un problème nouveau, portait en elle la voix du roi qui l’aidait à résoudre celui-ci.
Les dieux furent d’abord des rois morts, dont on n’arrivait pas à faire disparaître le souvenir. Ses hallucinations étaient notamment soutenues par la statuaire et l’art funéraire, propre à réactiver les voix (l’état d’hypnose étant favorisé par la prédominance des yeux, nous dévisageant avec autorité). Plus tard, lors de la chute de la bicaméralité, on utilisa les drogues pour réactiver cet état (le peyotl, en particulier).
Le roi mort, ou dieu vivant, était la statue, et la statue avait sa maison. Les théocraties se partagèrent alors entre celles dont le roi était un dieu (par autorisation du roi mort) et celui où il était un représentant de ce dieu. Mais à mesure que l’on s’approche de la fin du IIIe millénaire avant J.C., la complexité de l’organisation sociale requiert un plus grand nombre de décisions dans un nombre important de contextes. Les divinités prolifèrent, leurs voix se mêlent, se brouillent, et les prêtres augmentent pour en hiérarchiser les advenues.


Rock over London, rock over Chicago


VI. Disparition de la Voix

La Loi apparaît en Mésopotamie en 2100 avant J.C. (le jugement des dieux commence à être écrit). Un vieux proverbe sumérien dit encore « Agis promptement, rends ton dieu heureux. » Le laps de temps entre la perception de la voix bicamérale et l’action qu’elle commande est celui dans lequel peut apparaître la souffrance. Mais le IIe millénaire avant J.C. ne devait pas permettre à cette hiérarchie de durer : les guerres, les catastrophes naturelles, les migrations nationales furent ses thèmes principaux. Et, entre l’acte et la voix du dieu, apparut le temps d’arrêt et le relâchement redoutable qui rend les dieux amers, jusqu’à ce que leur effacement survint quand fut inventé, sur la base du langage, un espace psychique avec un « je » analogue.
Dans le monde bicaméral, il n’y avait pas d’ambitions personnelles, pas de rancunes, pas de frustrations, pas d’ « intime ». A l’intérieur de chaque Etat, les gens étaient probablement plus paisibles et plus aimables que dans les civilisations ultérieures. Par contre, au point de rencontre entre différentes civilisations, les problèmes étaient autrement complexes. Les relations de frontière étaient sans nuance : amitié ou hostilité totale.
Les changements profonds et irréversibles marquant le IIe millénaire avant J.C. – la fréquence des guerres, ou une catastrophe comme la chute de Théra entre 1180 et 1170 (en l’espace d’une journée, des populations entières furent réduites à l’exode), enfin l’apparition de roi cruels comme Tiglath-Pileser Ier en Assyrie qui massacra des milliers de villageois inoffensifs – fit naître un relâchement de l’association entre dieu et homme, la voix divine ne pouvant plus combler l’augmentation du stress de ce dernier et ne lui permettant plus d’éviter la mort.
Ce chaos fut durable : il se prolongea en Grèce sous le nom d’invasions doriennes. Cette voix fut compensée par l’importance donnée à l’écriture. Quand à l’observation de la différence chez autrui (une autre langue, un autre peuple, un autre dieu), c’est peut-être elle qui est à l’origine de l’espace psychique. La fréquentation forcée des peuples d’origine différente dans l’exode amène à l’idée d’un « moi » individuel chez autrui, qui fut antérieur à sa présence supposée en nous. C’est l’époque où les épopées apparaissent, et avec elles la narratisation. Enfin, l’origine du « je » analogue tient à l’apparition – par la fréquentation forcée de l’autre – de la notion de duplicité (la duplicité démontrera également sa valeur pour la survie individuelle).


I'm working for the Federal Bureau of Narcotics


VII. Naissance de la prière

Lorsque la voix des dieux se tait, la prière apparaît, pour la faire revenir. Le premier roi à genoux est le roi assyrien Tukulti-Ninurta Ier en 1230 avant J.C. « Celui qui n’a pas de dieu, tandis qu’il marche dans les rues, la migraine l’enveloppe tel un vêtement » (tablette datant de son règne). Dans une autre tablette, on peut lire : « Mon dieu m’a abandonné et a disparu, ma déesse m’a laissé tomber et se tient loin de moi, le bon ange qui marchait à mes côtés est parti. »
Le thème des religions du monde apparaît pour la première fois : pourquoi les dieux nous ont-ils abandonné ? Il faut qu’ils aient été offensés. Nos malheurs sont la punition de nos offenses. Nous demandons pardon aux dieux. Les chefs qui n’ont pas de dieux pour les diriger sont agités et incertains, leur autorité est contestable, et ils doivent se tourner vers les augures et la divination. On doit supplier les dieux de parler à nouveau. Les anges et les démons apparaissent comme créatures intermédiaires, ou messagers, et les cieux comme lieu d’habitation du dieu (dont l’éloignement physique justifie le défaut sur la terre).
Pour compenser le silence des dieux, on doit user de plusieurs types de stratagèmes : les présages, les rêves divinatoires, les sortilèges, les augures, la divination spontanée. Ces pratiques sont inventées par la civilisation pour suppléer à la fonction de l’hémisphère droit, quand, à la suite de la chute de l’esprit bicaméral, elle n’est plus aussi accessible que lorsqu’elle était codée linguistiquement par la voix des dieux. L’Odyssée en Grèce est un voyage dans la dissimulation, la découverte de la ruse, son invention et sa célébration. Elle chante tout ce qui était inconnu au monde de L’Illiade : les déguisements, les subterfuges, les transformations, la drogue, les histoires à l’intérieur d’autres histoires, et les hommes à l’intérieur des hommes. Sappho, elle, invente l’amour dans son sens moderne : l’amour apprend à l’homme à pratiquer l’introspection. Enfin, Solon d’Athènes avertit ses compatriotes de ne pas attribuer leurs malheurs aux dieux mais à eux-mêmes : « Chacun de vous à la démarche du renard ; le noos de chacun de vous est poreux : car vous ne faites attention qu’au discours rapidement changeant d’un homme, mais jamais à son action. »
Les dieux disparus, c’est la morale qui doit dicter nos actes. Et l’homme doit se « connaître lui-même ». De même chez les juifs, la différence entre « Amos » (datant du VIIIe siècle avant J.C.) et « L’Ecclesiaste » (IIe siècle) est celle qu’il peut y avoir entre un homme quasi bicaméral et un homme subjectivement conscient. La conscience apparaît d’ailleurs dans La Bible sous la forme du serpent (la tromperie). Au moment où le dieu cesse d’être vu, il devient loi (pour ne pas mourir parfaitement). La Bible est le livre du désir nostalgique et angoissé d’un peuple subjectivement conscient de retrouver sa bicaméralité perdue.


I know you'd be surprised


VIII. La quête de l’autorisation perdue

L’histoire de l’humanité après la disparition des voix se confond avec celle de la quête de l’autorisation perdue. Les dieux ne parlent plus, mais tout est organisé à partir d’eux : leurs maisons enregistrent nos naissances, nous définissent, nous marient, nous enterrent, reçoivent nos confessions ; nos lois sont fondées sur des valeurs qui, sans leur pendant divin, seraient vides et impossibles à appliquer. L’importance écrasante de la religion dans l’histoire de l’humanité en est la trace : l’homme n’abandonne pas sa fascination et sa nostalgie pour un mystère doté de pouvoirs dépassant les possibilités de l’hémisphère gauche.
Même si Jésus-Christ tenta de créer une religion à la mesure des impératifs de la conscience moderne (avec un royaume divin psychologique, métaphorique et non littéral), l’Eglise déploiera encore les fastes du désir d’absolu bicaméral. Les prophètes, les poètes, les oracles, les devins, le culte des statues, les médiums, les astrologues, les saints inspirés, la possession par des démons, le tarot, les papes et le peyotl sont tous les résidu d’une bicaméralité progressivement réduite par de trop nombreuses incertitudes.
Ce furent d’abord les oracles grecs, où, au commencement, les réponses aux questions étaient fournies sur le champ, sans réfléchir et sans s’arrêter. Une structure psychologique s’imposa : partagée entre un impératif cognitif collectif (système de croyance qui définit la forme particulière d’un phénomène et les rôles à jouer à l’intérieur de cette forme), une induction (procédure rituelle dont la fonction est de réduire la conscience et de concentrer l’attention sur un petit ensemble de préoccupations, tout ce qui est opposé au quotidien pouvant servir de point de départ au fonctionnement du paradigme bicaméral général), une transe (diminuant le « je » analogue ou le perdant, mais dans un lieu et un temps accepté, voire encouragé par le groupe), enfin l’autorisation archaïque. Cette confluence d’énormes prescriptions et d’espoirs sociaux expliquent assez la psychologie de l’oracle et la pertinence de ses réponses.
Il y eut ensuite, des oracles amateurs : les sibylles, ainsi qu’une renaissance des idoles, des statues vecteurs d’hallucinations (l’idolâtrie restant encore une force de cohésion sociale, comme nous le démontre la présence de statues de grands hommes dans nos jardins).


I have been derailroaded, derailroaded by everyone


IX. Vestiges de la bicaméralité : possession, poésie, hypnose, schizophrénie, science

a) Un vestige de la bicaméralité perdue est le cas de possession, dans lequel le prophète ou l’incubé devient inconscient des paroles qu’il prononce : le discours n’est pas vraiment une hallucination, mais apparaît lors d’une perte de conscience. Il obéit globalement à la même fonction sociale que l’esprit bicaméral et produit également des messages d’autorisation. Simplement, ce dérivé est tel que, pour retrouver l’ancienne mentalité, il doit inhiber le côté humain de l’homme. Du reste, au moment où l’Eglise accède au sommet de son pouvoir politique, la possession induite volontairement disparaît de la scène publique et tombe de plus en plus dans la clandestinité.

b) Un autre vestige est l’état poétique, dont la rythmique ordonne quand la prose se contente de demander. Car le discours est d’abord une fonction de l’hémisphère gauche quand le chant est une fonction de l’hémisphère droit (de nombreux patients ayant souffert d’hémorragies cérébrales à l’hémisphère gauche ne peuvent pas parler, mais ils peuvent encore chanter). La poésie engage la partie postérieure du lobe temporal droit qui est responsable de l’organisation des hallucinations divines, à côté des zones adjacentes, qui sont engagées dans la musique. C’est pourquoi la poésie était considérée par les Grecs, comme Platon, comme une folie divine. Démocrite affirme même que personne ne peut être un grand poète sans entrer dans un état de fureur. La perpétuation de la poésie et sa transformation en technique fait partie de ce désir nostalgique d’absolu. D’où l’abondance de poèmes invoquant des entités de l’existence dont on doute souvent, qui sont autant de prières à des objets imaginaires.

c) Cette hypothèse explique également le phénomène de l’hypnose, la « brebis galeuse de la psychologie ». L’hypnose provoquerait cette capacité de suggestion parce qu’elle mettrait en jeu le paradigme bicaméral général : cette obéissance sans réserve qui rappelle l’obéissance archaïque à son dieu. On a noté que les enfants ayant eu des compagnons imaginaires sont plus facilement hypnotisables : ce qui impliquerait chez eux une plus forte disposition à l’état bicaméral. Car nous avons encore besoin d’un vestige de l’esprit bicaméral pour nous aider. La conscience nous a entraîné dans un nuage bourdonnant de pourquoi et de comment, d’intentions et de raisonnements, nous prévenant d’un comportement trop impulsif mais nous rendant également experts dans l’art de douter de nous-mêmes et de trouver des prétextes pour remettre nos résolutions aux lendemains. Alors que le fait de croire par un impératif cognitif, lui, fait, sans doute, « des miracles ».

« La plupart d’entre nous retombent dans ce qui se rapproche de l’esprit bicaméral proprement dit, à un moment ou un autre de notre vie : pour certains, il s’agit seulement de quelques moments où nous ne pouvons pas penser, où nous entendons des voix ; pour d’autres, en revanche, qui ont des systèmes dopaminergiques hyperactifs, ou qui n’ont pas d’enzymes réduisant facilement les produits biochimiques d’un stress permanent en une forme éjectable, il s’agit d’une expérience plus éprouvante ; si on peut appeler cela une expérience. Nous entendons des voix impérieuses qui nous critiquent et nous disent ce que nous devons faire. En même temps, il semble que nous perdions la notion de nos limites. Le temps s’écroule. Nous agissons sans le savoir. Notre espace mental se met à disparaître. Nous nous affolons, sans que ce soit notre affolement. Il n’y a pas de nous. Ce n’est pas que nous ne pouvons nous diriger nulle part ; nous sommes nulle part. Et dans ce nulle part, nous sommes un peu comme des automates, ignorant ce que nous faisons, manipulés par d’autres ou par nos voix d’une façon étrange et effrayante dans un endroit dans lequel nous finissons pas reconnaître un hôpital, avec le diagnostic que nous sommes schizophrènes. En réalité, nous sommes retombés dans l’esprit bicaméral. »

d) Il ne devait pas y avoir d’exemples d’individus mis à l’écart – parce que fous – avant la chute de l’esprit bicaméral. On pourrait même dire qu’avant le IIe millénaire avant J.C., tout le monde était schizophrène. C’est seulement vers 400 avant J.C. que la schizophrénie finit par être considérée comme une maladie grave. Dans la schizophrénie, on assiste à une perte des repères de la conscience : dissolution de l’espace psychique, destruction de la narratisation, perte du « je » analogue et du « moi » métaphorique. Quant aux hallucinations audtivies comme la nature autoritaire et religieuse des « voix », elles laissent penser que l’avènement de la conscience avait d’abord nécessité leur inhibition.

e) L’histoire de l’avènement de la conscience et de ses conséquences se confond avec la quête de l’autorisation perdue. La dernière étape est dans l’attente que nous plaçons dans les prédictions de la science.

« On pense parfois, et l’on se plait à le faire, que les deux grandes forces qui ont influencé l’humanité, la religion et la science, ont toujours été des ennemis historiques, nous entraînant dans des directions opposées. Cependant, cet effort d’identification précise est une erreur grossière. Ce n’est pas la religion mais l’Eglise et la science qui étaient hostiles l’une à l’autre. D’ailleurs, il s’agissait d’une rivalité, pas d’une transgression. Toutes deux étaient religieuses. C’était deux géants se livrant un combat acharné pour la même terre : chacune déclarait être la seule voix menant à la révélation divine. »

Au IIe millénaire avant J.C., nous avons cessé d’entendre les voix des dieux. Au Ier millénaire, ceux qui continuaient à entendre ces voix disparurent. Au Ier millénaire après J.C., c’est à travers ce qu’ils avaient dit et entendu que nous obéissions à nos dieux perdus. Au IIe millénaire après J.C., ces écrits perdirent à leur tour leur autorité. Les rituels sont désormais des métaphores du comportement, la liturgie s’est relâchée dans la banalité, l’adoration s’est adoucie dans l’à-propos, la recherche de l’autorisation se réfugiant dans les pseudo-sciences, comme la scientologie, ou dans les O.V.N.I., enfin dans la consommation des psychotropes. Le déclin des religions institutionnelles donne lieu à toutes sortes de religions plus petites et plus intimes. De même, dans le monde de la science : les débats qu’elle engendre et le monde qu’elle représente ne départ pas de cette quête nostalgique qui agite les religieux.

« Un éclat rationnel qui explique tout ; un chef ou une succession de chefs charismatiques, bien visibles et au-delà de toute critique ; une série de textes canoniques qui se situent un peu en dehors de l’arène habituelle de la critique scientifique ; certaines gestes et rites d’interprétation ainsi que l’exigence d’un engagement total. En échange de quoi, le fidèle reçoit ce que la religion lui donnait autrefois de façon plus universelle : une vision du monde, une hiérarchie de l’importance des choses, un oracle où il peut découvrir ce qu’il doit faire et penser ; bref, une explication totale de l’homme. Cette totalité, d’ailleurs, ne s’obtient pas réellement par une explication de tout, mais par la limitation de son activité, une stricte et absolue restriction du domaine observé, afin que tout ce qui n’est pas expliqué reste invisible. »

Le scientisme a donné également le nutritionisme, Marx, Freud et le behaviorisme, qui contiennent tous une part de vrai. Cependant, appliqués au monde comme représentants du monde entier, les faits deviennent des superstitions.

« Une superstition n’est, après tout, qu’un métapheur qu’on libère pour satisfaire un besoin de savoir. Comme les entrailles d’un animal ou le vol des oiseaux, ces superstitions scientistes deviennent les lieux de rites privilégiés où nous pouvons lire le passé et le futur de l’homme et entendre les réponses qui peuvent fonder nos actions. »

Et Jaynes ajoute : « Cet essai ne fait pas exception. » La recherche aujourd’hui est celle d’une innocence perdue, un moment d’humanité authentique avant le basculement dans la ligne irréversible de la civilisation. Et « cet essai ne fait pas exception ».



Pacôme Thiellement
Images : droits réservés (straight in the camel's ass)

2006/12/25

LA PROPHÉTIE DU GRAND MONARQUE





Lorsque les trois premiers signes furent accomplis,
le Recteur des Écoles du Bouddha rendit visite aux Anciens Hopis.
Un cheval de fer dressa des fils de métal à travers lui.
Des toiles d’araignée sillonnèrent son corps.

Les puissances du rouge,
de la svastika
et du soleil
témoignèrent avec insistance de la désolation universelle.

Et puis il y eut cette femme enveloppée de soleils,
deux lunes sous ses pieds,
et une couronne de treize étoiles sur la tête.
Elle était enceinte,
et elle criait dans les douleurs de l’enfantement.

Et elle mit bas un fils,
menaçant toutes les nations avec un sexe doublé de fer.

La Chevaucheuse d’Écouffette forma les sociétés secrètes
oeuvrant à la restauration de la Vraie Monarchie
dont l’héritier serait son fils :
le descendant des rois mérovingiens.

Il viendrait dans les derniers temps du monde.
En naissant, il vomirait des blasphèmes
et il aurait des dents.

QUE CELUI QUI A DE L’INTELLIGENCE
CALCULE LE NOMBRE DE LA BETE
CAR C’EST UN NOMBRE D’HOMME.

On le chargera du corps amoureux de Napoléon.
Sa femme usurpera le nom d’une sainte érotique
et son cœur sera double.

Quand il voudra être à la fois pape et empereur,
bientôt sa Mère,
l’antique prostituée de Moldo-Valachie,
se retirera de lui.

Il est ce sexe turgescent qui,
voulant toujours s’endurcir,
tombera sur le tranchant de l’épée dont il voulait se servir
pour obliger les peuples à s’endurcir.

Son symbole,
la Statue de la Liberté,
marque l’alliance franco-américaine :

C’est ISIS :
illustrée avec des rayons du soleil autour de la tête,
la torche faisant office d’un pseudo soleil.

On fera ressusciter des morts
qui prendront la figure des âmes justes qui avaient vécu sur la Terre
afin de mieux séduire les hommes.

Toutes ces âmes paraîtront comme unies à leurs corps.

À travers son faux corps médiatisé,
l’image du corps qu’il ne possède pas
et le sourire du visage qu’il n’a pas,
Paris sera brûlée
et Marseille : engloutie.

Sa stratégie est celle du psychotique,
qui multiplie frénétiquement ses défenses,
n’engage aucune bataille de front,
s’enferme profondément en lui-même…

Il se déplace dans un rêve de pouvoir et de mort.
En guise d’étendard de guerre,
il brandit des images humanitaires.
Il en a le pouvoir.
Il a abusé sexuellement de plusieurs garçons.

Sur le haut de la pyramide tronquée,
la pierre symbolisée par un triangle séparé,
attendant d’être accolée,
rayonne comme une étoile.

Elle symbolise le collège occulte des régnants
qui ne sont pas réellement de notre monde.

Ce sont les Supérieurs Inconnus,
les yeux et les dents de ceux qui savent
et manipulent à leur gré
la politique,
les finances internationales,
le climat,
la science,
la production des livres
et les éléments de la nature.

Les Supérieurs Inconnus sont au nombre de neuf
et se renouvellent par cooptation.

Ce sont eux que les Nazis ont envoyé chercher
sur les sommets de l’Himalaya.

Mais ils ne trouvèrent qu’une enceinte,
vide et désertée,
et périrent sous un bruit assourdissant qu’ils ne purent reconnaître.

Ce que vous appelez l’Antéchrist n’est pas un individu singulier,
mais une fréquence vibratoire.

Cette fréquence vibratoire a pour conscience un esprit collectif,
qui cherche de plus en plus à prendre forme
et à se manifester en ce début de vingt-et-unième siècle.

L’Antéchrist est avant tout un être fragmenté,
cherchant à maximiser par tous les moyens possibles
la réussite de son plan.

Ne pensez pas le trouver sous la forme d’un seul individu,
mais à travers un ensemble de personnes.

Ces gens,
contrôlés par les Supérieurs Inconnus,
souffrent
et veulent entraîner les autres dans leur souffrance.

Ils sont comme des gens sous l’emprise d’une drogue,
qui veulent entraîner les autres dans leur enfer.

Ils espionnent avec des caméras
et ils écoutent avec des dispositifs.

Ils appellent la mort de ce côté-ci,
et,
de l’autre,
la mort sera leur supplice.

Le sang coulera de tous côtés.

Malheur aux habitants de la Terre :

Ils sont devenus ces étoiles errantes
que le renard traîne avec sa queue pour les faire périr.

CECI ETAIT L’AVERTISSEMENT FINAL AVANT LA PURIFICATION :
L’ABATTAGE DU GRAND MONARQUE SUR LE TAPIS VERT.

Texte : Kiki Landru
Image : droits perdus

1999/01/18

LE DISPOSITIF

Anonyme, trouvé sur un forum nommé "mind control victims speak" sur le net en 1998, traduit avec l'aide de Scott Batty puis publié dans le n°1 de la revue SPECTRE et utilisé comme source d'inspiration de la série Le Dispositif (Thomas Bertay et Pacôme Thiellement).

Je suis un historien de Seattle et je me suis rendu à Los Angeles l’été dernier dans le cadre de mes recherches sur l’histoire du film muet. Un dimanche au début du mois d’Octobre de l’année 1992, je suis allé au Roxy assister à un concert des Shakespeare’s Sister. Auparavant, j’avais dîné à la Spaghetti Factory, mon repas consistant d’une assiette de spaghettis et d’un verre de vin. Après quoi, pendant la durée du concert, j’ai bû un Diet Coke. J’ai commencé à me sentir extrêmement malade au milieu du concert, et, pour je ne sais quelle raison, me suis mis à transpirer abondamment.
La semaine suivante, me sentant encore alité., je suis allé au restaurant Milano, pensant qu’un bon repas me ferait du bien. Au contraire, mon état empira. Je devins extrêmement constipé, à tel point qu’il me devint impossible d’aller aux toilettes. Egalement, quel choc de découvrir que mon pénis ne pouvait plus guère exercer d’autre fonction que d’uriner. J’eus de plus en plus de mal à respirer. Je me reposai encore quelques jours en attendant que cela passe. Mais cela ne passa pas, et, samedi matin, j’appelai un ami et lui demandai s’il connaissait un docteur qu’il pouvait me recommander. Il vint me chercher chez moi et nous cherchâmes la clinique la plus proche. Malheureusement, toutes celles auxquelles nous nous sommes rendus sur Sunset Boulevard étaient fermées. Pourquoi ? Je ne pouvais et ne puis aujourd’hui le savoir. Mon ami me suggéra le Queen of Angels Hospital. J’acceptai.

Nous arrivâmes à la salle des urgences vers dix heures du matin. Après avoir attendu cinq heures dans la salle d’attente, on m’assigna un lit derrière des rideaux déplaçables, on me donna une blouse et on me déshabilla. Il y avait au moins deux policiers présents dans la pièce qui attendaient pendant qu’une personne sous leur autorité était soignée.
Après m’avoir écouté lui décrire les causes de ma venue, un docteur partit et différents infirmiers vinrent me faire une prise de sang. Cette opération se réitéra au moins trois fois alors que j’attendais le retour du médecin.
Enfin, le Dr. Phillip Fagan, un quadragénaire afro-américain moustachu à la forte musculature, s’approcha de moi pour vérifier ma respiration à l’aide d’un stéthoscope. Il était coutumier pour moi que lorsqu’on procédait à un examen de ce genre, le patient fut soit debout soit assis. Dr. Fagan m’a demandé de m’allonger sur la table d’opération et de respirer alors qu’il plaçait son instrument contre mon abdomen. Alors qu’il atteignait l’espace situé en haut à gauche de mon cœur, il ferma le poing et – avec une délibération rapide mais méditée – me cogna sous mon épaule gauche. Il me posa encore quelques questions avant de prendre congé. J’attendis un moment, perplexe. Puis une infirmière quadréganaire avec des cheveux courts de couleur claire, vint vers moi. Tenant dans ses mains une seringue hypodermique remplie d’un liquide jaune/brun, elle me demanda de me retourner afin de m’administrer le contenu de celle-ci. Puis elle partit et, à nouveau, j’attendis.
Alors, je commençai à avoir de larges trous dans mon courant de pensée et j’avais soudain du mal à former des mots. C’est dans l’ensemble très difficile à décrire mais je ressentais des effets similaires provoqués par un narcotique très puissant. A chaque fois que j’essayais d’obtenir l’aide d’un des membres de l’équipe, on me demandait brutalement d’attendre. Pendant les trois ou quatre heures où je restais allongé sur mon lit, attendant le retour d’un des docteurs, je m’abandonnai littéralement à mon angoisse et pensai que je pourrais tout aussi bien mourir, ici et maintenant.
La salle des Urgences était à cet instant dans un désordre sans nom. C’était littéralement un asile de fous. Une des personnes pétait bruyamment et régulièrement dans ma direction, et des patients hurlaient et appelaient au secours dans un délire apparent. Vers huit heures, Dr. Fagan me donna une bouteille de laxatif liquide et des consignes pour acheter des antihistaminiques. Sans me dire une seule fois ce qui pouvait m’avoir rendu malade, ou me dire si le problème avec mon pénis était résolu, il me libéra.
Le lendemain, je retournai à l’hopital dans l’objectif de me plaindre. Je demandai à savoir ce qu’on m’avait injecté. Après un temps d’attente assez long, un infirmier me présenta un document avec « Penheglian » écrit dessus. Mais il semblait mépriser ma requête et refusa de m’expliquer à quoi « Penheglian » correspondait et pour quelles raisons on me l’avait administré. Je rencontrai ensuite un autre infirmière et lui expliquai ce qui m’était arrivé. Après avoir écouté mon histoire, elle me répondit poliment que c’était un bon hopital et qu’ils ne faisaient pas de choses comme ça ici. Je demandai ensuite mon dossier médical et on m’envoya au département des dossiers. Une fois arrivé, je m’entendis dire que mon dossier n’était pas prèt et que je devais revenir à une autre occasion.
Dégoûté et même désormais franchement effrayé, je quittai Los Angeles et retournai à Seattle. Bien que le laxatif semblait soigner ma constipation, j’avais encore des difficultés à respirer et ressentais les effets du coup de poing du Dr. Fagan. Alors, j’avais l’impression que mon cœur avait été blessé. A mon retour, j’allai à une clinique. On diagnostica un muscle endommagé dans mon épaule gauche et on me prescrit de l’Advil pour alléger la douleur. Je pensais que j’étais enfin sauf.
J’avais tort.

Souffrant toujours du coup porté par le Dr. Fagan, je décidai d’aller habiter dans la maison de mon père à Seattle. Un soir de la fin du mois d’Octobre, je souffris de ce que je cru alors être (et je crois toujours être) un empoisonnement. Je regardai les débats présidentiels et, buvant une bouteille de Coca, je commençai à ressentir des effets similaires à ceux d’une drogue dure, dans le genre du speed.
Alors que les heures passaient et que mon état empirait, une assistance médiacale me semblait toujours plus nécessaire et le premier lieu dans lequel je me rendis était le Centre Médicale de l’Université de Washington.
27/10/92 - Visite au docteur Stephen Burns. Je suis admis aux Urgences. On me passe un questionnaire, je fais une prise de sang et on prend ma température. On m’amène à une machine EKG, les bandes et cables attachés à ma poitrine. Durant mon examen, je m’évanouis. Que l’évanouissement soit dû à la fatigue ou à autre chose, je n’en sais rien. De toutes manières, je restai inconscient pendant une durée inconnue, au maximum une heure ou deux. Après avoir quitté les Urgences, je rentrai à la maison et m’endormis. Il était alors déjà tôt dans la matinée. En raison de mon extrême fatigue, je ne fis pas l’effort de me déshabiller avant d’aller au lit. Quand je me reveillai, le lendemain matin, me déshabillant pour prendre une douche, je trouvai une bande EKG attachée à mes parties génitales.
Peu après, j’eus l’impression d’avoir été empoisonné par quelque chose que j’avais mangé dans le réfrigérateur. C’était à cette époque qu’on parlait dans les journaux de la bactérie E coli. Cette fois, les effets de l’empoisonnement étaient similaires à ceux des champignons de type psillocibic. Je retournai encore aux Urgences.
10/30/92. Visite au Dr. McMullen. Cette visite, à ce que je m’en souviens, était sans hisoire en ce qui concerne les mauvaises conduites, mis à part le fait que je reçus une prescription incorrecte quant aux médicaments ordonnés. Le problème était qu’il n’était nulle part fait mention de la posologie adéquate. Je décidai alors, en raison du manque d’information, de ne pas les prendre.
Pour la troisième fois, je ressentis inexplicablement l’impresssion d’avoir été empoisonné. La nature du troisième empoisonnement était très différente des deux précédents ou d’une expérience antérieure et je suis, par conséquence, incapable de le relier à une drogue en particulier, excepté que cela ressemble de nouveau aux effets d’une drogue dure.
11/13/92. Visite au Dr. Weaver. On m’amène dans une petite salle d’examen où l’on me demande de m’allonger sur la table d’examen. Après un examen de routine, incluant une observation longue et détaillée de mon oreille, un infirmier avec des cheveux blonds et des lunettes commence à me tripoter l’ensemble du corps. Malgré qu’il ne m’ait préalablement proposé de massage, j’ai obtempéré comme si j’estimais sa démarche légitime. Le problème est : En quoi, tripoter lentement mon corps peut-il être considéré comme une méthode adéquate pour lutter contre les effets d’un empoisonnement ?
Avant d’aller aux Urgences, j’avais appelé la Police de Seattle pour faire un rapport sur ce que je considérais être une affaire d’empoisonnement. Peu de temps après l’« examen médical » que décrit précédement, un agent de police arriva. Le nom de cet agent était Underwood, son insigne portait le numéro 682. Après m’avoir écouté pendant deux ou trois minutes, je m’entendis dire qu’il n’avait « pas le temps pour ça » et le vit prendre congé. Quelques mois plus tard, je portai plainte contre l’agent Underwood au Département des Affaires Internes de la Police de Seattle. Mon numéro de dossier est le CL#93-227. Lorsque je parlai à son supérieur, ce dernier déclara que, même si l’agent avait agit de manière incorrecte en me quittant sans enregistrer ma plainte, ça n’était cependant pas une raison suffisante pour engager une procédure contre lui. La raison de son revirement était que l’équipe des Urgences m’avait précémemment discrédité auprès de lui. Plus tard, je passai un bon bout de temps à parler avec le Dr. Weaver qui déclara que j’étais un lunatique alors qu’au même moment il refusait (jusqu’à la dernière minute) de me faire faire une prise de sang ou un test d’urine pour déterminer si, oui ou non, je subissais les effets d’une substance étrangère et malsaine.
Les quatre derniers mois, j’établissai un rapport précis sur ce qui s’était passé à l’Administration de l’Hôpital de l’Université et ma plainte était envoyée à Leah Kliger. Je ne la contactais pas dans l’objectif de porter un blâme contre l’Hopital lui-même mais contre les membres de l’équipe que j’avais pu y rencontrer. Je l’appelai en Juin, et, souscrivant à sa demande, je lui envoyai une lettre mettant en évidence et dans les grandes lignes ce qui s’était passé. J’attendis sa réponse une semaine ou deux, puis j’appelai son bureau et on me répondit qu’elle était parti en vacances. J’attendis ensuite quelques semaines de plus avant d’être en mesure de la joindre, et il devint alors évident qu’elle refusait de parler avec moi. Au deuxième ou au troisième coup de fil, on me déclara qu’une lettre m’avait été envoyée. Cette lettre était courte et me conseillait de recourir à une aide psychiatrique. L’arrogance de sa « lettre » était inexcusable : une employée au Burger King, travaillant pour 5 dollars l’heure, eut fait preuve de davantage de courtoisie.

Ce qui suit est la description de l’étrange douleur cérébrale dont j’ai été victime. En regard de sa nature inconnue, il est très difficile même d’en discuter. Ceci particulièrement si, comme je le maintiens, cette souffrance est quelque chose qui a été induite artificiellement et volontairement pour me nuire. Je vous supplie alors d’être patient et très ouvert d’esprit considérent ce qui, je réalise, peut avoir l’air complètement fou. Et pourtant, cela est vrai. Cette douleur a été perpétuée sur moi, et n’est en aucun cas naturelle ou intrinséque à ma personnalité. Je l’ai donc baptisée « dispositif ».
Note. Tout ce que je vais décrire a commencé à m’arriver après a visite aux Urgences du Centre Médical de l’Université de Seattle.

Le « dispositif » renvoit à un mécanisme ou une méthode utilisée pour infiltrer ou envahir mon cerveau pour les raisons suivantes : Lire mes pensées ; m’envoyer des « signaux » en réponse à mes pensées. « Signaux » renvoie à une sorte de communication transmise à mon cerveau. On pourrait la rapprocher d’un signal radio dont mon esprit serait recepteur. Ces signaux prennent en général la forme de communications en un ou deux mots, ou des extraits de chansons célèbres. Il ne s’agit pas de matière auditive en tant que telle mais de pensées assez distinctes des miennes pour que je puisse entrer en dialogue avec elles. Ce ne sont pas des « voix » mais des pensées – des pensées qui ne sont pas les miennes. Ce que je peux dire du « dispositif » est seulement basé sur mon expérience. Je n’ai aucune information extérieure le concernant. En dehors de mes propres sensations à son sujet, ce que j’en écris est pure spéculation.

Le « dispositif » est une invasion externe, parce que, à l’opposé d’une maladie interne, les signaux manifestent une volonté et une détérmination qui renvoient à une personnalité précise, avec qui je peux dialoguer. Bien qu’ils semblent occasionnelement envoyés de manière aléatoire, il semble qu’il y ait une volonté derrière la plupart des signaux. J’ai même l’impression très nette que ces signaux sont envoyés par un nombre varié d’opérateurs, comme s’ils se relayaient. Une fois, en Décembre, j’ai appris dans une conversation avec ces signaux que l’opérateur en question venait de la campagne et qu’il aimait la musique country. Mais depuis, les opérateurs en question ont fait attention à ne rien me révéler de leurs identités. Près de huit sur dix de ces signaux sont des réponses à mes propres pensées. Je peux, assez souvent, par habitude, anticiper ces signaux. Je les exprime moi-même en pensée et j’entends alors un signal répondre à cette anticipation (le signal exprime alors la phrase suivante : « Tout à fait »). Certains signaux sont transmis à certains moments de la journée et pas à d’autres. Par exemple, « Condamné » est entendu surtout la nuit, quand je suis déjà couché mais pas encore endormi. Ceci, j’imagine, suggérerait que des gens différents se relayeraient pendant la journée et utiliseraient lors des signaux qui leur sembleraient plus ou moins pertinents.
Note. Ce texte a été écrit en Mars 1993. Depuis, la méthode a changée et le signal « Condamné » peut être transmis nuit et jour.
Depuis le début de mon expérience du « dispositif », le niveau d’intensité de celui-ci a varié. Je m’en suis rendu compte pour la première fois en Novembre 1992. Fin Novembre et Décembre 1992, l’intensité des signaux était à son plus haut niveau, et j’entendais régulièrement des extraits de chansons en réponse à mes pensées. Depuis Janvier, au contraire, l’intensité a baissé et les extraits musicaux sont moins fréquents. Depuis, quand l’extrait de chanson arrive, les signaux prennent la forme de communication en un ou deux mots.
Les signaux les plus couramment utilisés sont les suivants : « Arrête ! Laisse ça ! » ; « Salut Ed ! » ; « Sans blague » ; « Tu vas être déçu » ; « connerie » ; « tout à fait » ; « ne fume pas » ; « tu es mauvais » ; « c’est moi » ; « Oui, Giorgio » ; « condamné ».
Ainsi que les extraits de chansons suivantes : Your Wildest dreams des Moody Blues, le thème de La Belle et la Bête, She’s leaving Home des Beatles, Goodbye Cruel World et Are we in love yet des Shakespear’s Sister, One More Night de Phil Collins, Lumberjack Song des Monty Python, Moonage Daydream de David Bowie et You’re a big girl now de Bob Dylan.
Quelques uns de ces mots, quelques unes de ces phrases et chansons ont pour moi une signification particulière que je vous empargnerais pour ne pas rendre cette lecture plus longue encore.
L’Université de Washington me semble le coupable le plus évident, mais la cause de cette opération m’échappe. J’en suis réduit aux hypothèses : Vengeance ou punition ; mauvaise Blague ; arme dans la guerre contre la drogue (jusqu’à l’été dernier je fumais régulièrement de la marijuana) ; faire de moi un bouc émissaire pour mes visions politiques ; faire croire que mes visions culturelles et idéologiques m’ont rendu fou (j’ai publié un livre historique en 1990 qui a pu en offenser plusieurs).
La technique employée semble très perfectionnée. Une machine a probablement été implantée dans mon cerveau dans le but de lire mes pensées. Par « pensées » j’entends des opérations de mon cerveau à laquelle sont attribuées certaines significations et auxquelles un signal répond. Il est connu que les recherches en télépathie et en perception extra-sensorielle ont connu un essor bouleversant dans l’ex-Union Soviétique. Peut-être que la technologie employée a été découverte là-bas. Bien sûr, il se pourrait aussi que ce que je crois être un contrôle conscient ne soit qu’une forme de maladie mentale dont je suis la victime. Je pourrais accepter une telle idée, mais en raison de sa nature étrange et pour les raisons suivantes – des signaux externes en tandem avec les signaux, et mes propres pensées ; que je sois capable de dialoguer avec ces signaux ; les rêves artificiels – je ne peux vraiment accréditer cette thèse. Ce que je décris comme le « dispositif » semble certainement étrange à l’extrême, et on pourrait penser que je suis un fou ou un menteur. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Il est facile de saisir que si ce que je dis est vrai, alors il est dans l’interêt de ceux qui exercent ce contrôle de vous faire croire que je suis un forcené.
Note. Depuis que j’ai rassemblé ces notes dans le but de mettre au clair le dispositif, certains de ses aspects ont changé. Par exemple, il est plus difficile maintenant pour moi de « discuter » avec les signaux. Ce qui suggère, en l’occurrence, que les personnes qui m’ont imposé ce système ne veulent plus entendre ce que j’ai à leur dire. Les thèmes musicaux et les fragments de phrases ont également disparus. Il ne reste plus que la lecture de mes pensées, les rêves artificiels, et la souffrance qui accompagne cette torture.
Un des procédés les plus curieux du « dispositif » est sa capacité à envahir mes rêves, pendant lesquels je suis forcé de regarder une de leurs « productions ». On peut nettement les distinguer des rêves ordinaires par leur taux de fréquence et leur réalisation minutieuse. La plupart du temps, ces productions sont réalisées dans un but de stricte propagande. Elles tentent de me culpabiliser au sujet de la drogue ou sur des choses que j’aurais faites dans le passé. Un aspect peu commun de celles-ci est qu’elles reçoivent la participation de célébrités ou qu’elles en utilisent l’image, assistées par ordinateur. Par exemple : John Fitzgerald Kennedy ; Lyndon B. Johnson ; Tom Hanks ; Clint Eastwood ; Warren Beatty ; Woody Allen ; Paul Newman ; Bill Cosby ; George Hamilton ; Kathie Lee Gifford (à trois reprises) ; Ray Manzarek ; Elizabeth Taylor ; O. J. Simpson (avant qu’il ne soit inculpé dans une affaire de meurtre) ; David Letterman (à trois ou quatre reprises) ; Bill Clinton ; Hilary Clinton (à trois reprises) ; Jerry Seinfeld ; Al Yankovic ; Alec Guiness ; John Candy (avant sa mort) ; Daryl Hannah ; Robert Duvall ; Martin Landau ; Luke Perry ; Geena Davis ; un sosie de Jim Morrison ; un sosie de Bob Dylan.
Parmi les choses qui font que je crois encore en la vie, et que je ne désespère pas malgré la tension accumulée depuis le début de ces opérations, il y a le simple fait de vivre sa vie en étant le meilleur possible. Etant moi-même une victime, je sais combien c’est dur. Ayez la foi en Dieu, faites ce qui est bien et essayez de conserver votre sens de l’humour. Voilà tout ce qui compte vraiment dans la vie. Ne vous laissez pas aller au désespoir. Il y a eu bien des martyrs pour la justice et des victimes de persécution tyrannique à travers l’Histoire, c’est pour moi un honneur et une consolation d’être en leur compagnie.

1995/12/25

DANS QUEL FILM ULYSSE, LE HÉROS, EMBRASSE-T-IL UNE GUENON ?





Ce n'est pas dans le film mais dans le roman de Pierre Boulle, "La Planète des Singes" (1963) où le personnage qui embrasse une guenon s'appelle Ulysse Mérou. Dans le film de Schaffner (1968), Charlton Heston s'appelle George Taylor. Et dans la version de Burton (2001), le même personnage est renommé Leo Davidson.


Ce post est dédicacé aux 19 personnes qui arriveront sur ce site en posant cette question sur Google. Désormais ils ont la réponse. 

1975/11/06

QUELQU'UN DANS CETTE FOULE ME TEND UN TAMBOURIN




Bonjour, mon nom est Pacôme Thiellement. Je suis écrivain et vidéaste BLABLABLA.
ICI-BAS est un site perso, contenant essentiellement des archives de textes.
Si sa forme est celle d’un blog, c’est que celle-ci est la plus simple à manier (pour moi) et qu’elle est gratuite. Idéalement, un jour, cette adresse contiendra la majorité de mes trucs écrits entre 1998 et aujourd’hui.

Pas tous 
Ceux qui ont été publié en livre ne s’y prêtent pas (on vous recommandera donc de les acheter, surtout qu’ils présentent une forme « achevée » et un soin dans l’architecture globale que vous trouverez difficilement sur ICI-BAS). En outre, certaines de ces vieilles chaussettes sont quand même beaucoup trop nulles.

Pas uniquement les miens : 
Un certain nombre d’entrées (10% environs) correspond à des textes et des images d'amis et complices pour qui j’éprouve un respect et une admiration immodérés : Scott Batty, Thomas Bertay, Jonathan Bougard, Fabrice Petitjean, John Raby… Vous pourrez également lire, de René Guénon à August Strindberg, des extraits de classiques passionnants mais hélas difficiles à trouver.

Pour ce qui est des vidéos réalisées avec Thomas Bertay, se rendre aux adresses suivantes :
En cherchant un peu, vous devriez y arriver.